Panama, 28 octobre 2025
En 2025 le changement climatique connait un recul significatif de plus de 20 % dans les préoccupations des populations à travers le monde, selon une nouvelle enquête IPSOS
Faits marquants à l’échelle mondiale (au-delà de l’Europe)
Les forêts comme impact climatique « ressenti » : des problèmes, tels que la perte des espèces, la déforestation, les incendies de forêt, les sécheresses et les inondations restent parmi les préoccupations forestières les plus pressantes dans le monde, soulignant le fait que les populations ressentent très directement les risques climatiques à travers les forêts.
Si les préoccupations liées au changement climatique sont moins importantes que celles liées à d’autres crises d’envergure mondiale, les Canadiens se disent très préoccupés par les questions liées aux forêts, telles que les incendies de forêt, probablement parce qu’ils les perçoivent comme une menace plus locale.
Préoccupation croissante sur les marchés clés : le Japon enregistre une augmentation notable de la préoccupation climatique depuis 2022, tandis que le Brésil affiche également une forte hausse, à contre-courant de la tendance mondiale.
Attitudes par rapport à la dépense : malgré le changement d’attention, les consommateurs continuent de récompenser la durabilité crédible ; la demande en produits qui « ne nuisent pas » aux plantes et aux animaux reste forte et continue d’influencer la confiance et la fidélité à la marque.
© FSC Belgium / Bart Holvoet
© FSC Belgium / Bart Holvoet
Europe : baisse des préoccupations climatiques dans les principales économies
En ce qui concerne l’Europe, les résultats sont particulièrement frappants. En France, au Danemark, en Espagne, au Royaume-Uni et en Allemagne, les préoccupations de l’opinion publique concernant le changement climatique ont diminué de 6.5 à 10 points de pourcentage depuis 2022.
- France : 52% → 45% (–7)
- Danemark : 51% → 41% (–10)
- Espagne : 44% → 37.5% (–6.5)
- Royaume-Uni : 45% → 35% (–10)
- Allemagne : 42% → 34% (–8)
Ces pays sont parmi les plus grandes économies européennes et ils jouent un rôle de premier plan en matière de climat, mais l’opinion publique est clairement en train de changer. Parallèlement, l’UE poursuit son ambitieuse législation sur le climat, créant ainsi un décalage entre la dynamique politique et les préoccupations de l’opinion.
« Cet écart entre les préoccupations montre pourquoi nous devons tenir compte des réalités concrètes de la vie des populations si nous voulons lutter efficacement contre le changement climatique. L’enquête révèle une contradiction évidente : les populations se disent moins préoccupés par le changement climatique, mais récompensent les marques qui peuvent constituer une preuve de durabilité. Ce décalage entre les concepts abstraits et les choix pratiques met en évidence un besoin clair : rendre l’action climatique tangible dans la vie quotidienne », a déclaré Subhra Bhattacharjee, Directrice Générale de FSC.
Les forêts restent les lieux où les populations ressentent le plus directement le changement climatique
Si le « changement climatique » peut être considéré comme un enjeu mondial abstrait dans l’aperçu des 50 pays, sur les marchés du module forestier, les impacts ressentis à travers les forêts (feux de forêt, sécheresses, inondations et perte de biodiversité) figurent parmi les principales préoccupations du secteur forestier. La « perte d’espèces végétales et animales » et la « déforestation » apparaissent systématiquement parmi les problèmes forestiers les plus urgents sur ces marchés.
Ensemble, ces résultats renforcent le double rôle des forêts en tant que lignes de front dans la lutte contre le changement climatique : elles sont très vulnérables au changement climatique et essentielles pour les solutions.
Les consommateurs continuent d’agir en faveur du climat lors de leurs achats
Malgré une baisse du niveau de préoccupation, le comportement des consommateurs révèle des valeurs climatiques fortes, 72 % des consommateurs à travers le monde sur 29 marchés déclarant préférer les produits qui ne nuisent pas aux plantes ou aux animaux.
« Même si le changement climatique n’est pas toujours au centre des préoccupations ; de plus en plus, les populations votent avec leur portefeuille. Ils veulent des choix durables, et ils récompensent les marques qui peuvent prouver leur impact » a déclaré Helen Chepkemoi Too, Directrice Principale des Marchés chez FSC.
Il est important de relever que la reconnaissance de l’étiquette FSC est associée à un niveau de confiance plus élevé parmi les marques, ce qui montre que les choix respectueux du climat constituent un puissant moteur de fidélité et de réputation.
© FSC Belgium / Nette De Wachter
Faits marquants régionaux en matière de changement climatique
- Japon : les préoccupations des consommateurs ont augmenté de 9.5 points, ce qui en fait l’un des rares pays où le changement climatique occupe une place de plus en plus importante dans l’opinion publique.
- Brésil : les préoccupations ont presque doublé depuis 2022 (18 % → 33 %), contrairement à la tendance mondiale à la baisse.
- Kenya : les préoccupations ont diminué de 12 points depuis 2022 (42 % → 30 %).
- Canada : les préoccupations liées au changement climatique ont diminué, même si les incendies de forêt (46 %) dominent les craintes immédiates de la population en ce qui concerne la forêt.
Pourquoi est-ce important ?
Au moment où la guerre, les pandémies et l’inflation dominent le débat public, le changement climatique risque de disparaître de la conscience des acteurs politiques et des consommateurs. Pourtant, dans le même temps, les populations veulent clairement des produits durables et considèrent la disparition des espèces végétales et animales comme la plus grande préoccupation liée à la foresterie, la majorité s’attend à ce que les entreprises veillent à ce que leurs produits ne contribuent pas à la déforestation.
Le FSC exhorte à la mise en place de stratégies intégrées qui abordent l’action environnementale parallèlement à la sécurité sociale et économique, afin de s’assurer que les solutions climatiques ne sont pas reléguées au second plan par rapport aux crises.
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>> Vers le communiqué de FSC International
